Choisir son cabinet, comprendre ses missions, lire ses honoraires

La comptabilité coûte moins cher quand on sait ce qu'on achète

Un forfait annuel se compare mal d'un cabinet à l'autre parce qu'il ne recouvre presque jamais le même périmètre. Ce média met à plat ce que fait un expert-comptable, ce que la lettre de mission engage réellement de part et d'autre, les fourchettes d'honoraires observées par profil d'entreprise et le calendrier des obligations qui rythment un exercice.

Lire les fourchettes d'honoraires
Registre comptable ouvert sur un bureau, à côté d'une calculatrice et de classeurs de pièces justificatives

Un magazine écrit du point de vue du dirigeant

La relation avec un cabinet comptable se noue presque toujours dans l’urgence : une immatriculation à boucler, un bilan qui approche, un prédécesseur qui ne répond plus. Les décisions prises dans ces conditions se paient pendant des années, en honoraires mal calibrés comme en informations qui remontent trop tard.

Les articles publiés ici s’adressent au dirigeant, pas au technicien. Ils expliquent ce qui se négocie, ce qui ne se négocie pas, et ce qu’un chef d’entreprise doit savoir lire avant de signer.

Ce site ne délivre aucun conseil fiscal personnalisé et ne remplace pas un professionnel inscrit à l’ordre. Il donne des repères généraux et renvoie systématiquement, pour toute décision engageante, vers un expert-comptable et vers les textes officiels.

Les rendez-vous qui structurent un exercice

Six échéances reviennent chaque année dans la vie d'une entreprise soumise à une comptabilité d'engagement. Leur calendrier exact dépend du régime fiscal, de la forme juridique, de l'effectif et de la date de clôture : ce tableau donne le rythme, jamais la date personnelle d'une entreprise donnée.

Mensuel

Déclaration et paiement de la TVA sous le régime réel normal, la date limite se situant entre le 15 et le 24 du mois suivant, selon la forme juridique et le lieu du siège. Sous le régime simplifié, le rythme change du tout au tout : des acomptes en cours d'année et une déclaration annuelle de régularisation.

Selon régime
Le 5 ou le 15

Déclaration sociale nominative pour les entreprises employant du personnel, transmise chaque mois, la date dépendant de l'effectif et de la périodicité de paiement des cotisations. C'est l'échéance la moins reportable de toutes, puisqu'elle conditionne les droits des salariés.

Mensuel
4 acomptes

Acomptes d'impôt sur les sociétés, versés en mars, juin, septembre et décembre pour les entreprises redevables, le premier exercice et les entreprises faiblement imposées bénéficiant de règles particulières. Le solde intervient après la clôture, une fois le résultat définitif arrêté.

Trimestriel
Printemps

Déclaration de résultats et liasse fiscale, à déposer dans les trois mois de la clôture, avec une règle spécifique pour les exercices clos au 31 décembre qui reporte l'échéance au printemps suivant. Le calendrier précis se vérifie chaque année, des tolérances de télétransmission s'y ajoutant.

Annuel
6 mois

Approbation des comptes annuels par les associés, dans les six mois suivant la clôture de l'exercice pour les sociétés commerciales. C'est à cette occasion que se décide l'affectation du résultat, entre mise en réserve, report à nouveau et distribution.

Annuel
Mi-décembre

Solde de la cotisation foncière des entreprises, précédé d'un acompte en cours d'année pour les entreprises dont la cotisation dépasse un certain montant. L'avis n'arrive pas par courrier mais se consulte dans l'espace professionnel en ligne, ce qui explique une bonne part des retards constatés.

Annuel

Ce calendrier vaut à titre indicatif et ne se substitue à aucun document officiel. Les dates limites, les seuils et les régimes évoluent, et certaines dépendent du département ou de la situation propre de l'entreprise : elles se vérifient chaque année auprès de l'expert-comptable et sur les sites de l'administration.

Six clauses à lire avant de signer sa lettre de mission

La lettre de mission est le contrat qui lie l'entreprise à son cabinet. Elle est obligatoire, elle se négocie, et c'est elle que l'on ressort le jour où une divergence apparaît sur ce qui était censé être inclus.

Identification et inscription

Le cabinet se présente et mentionne son inscription au tableau de l'ordre, condition d'exercice de la profession. Ce point n'est pas une formalité : il conditionne l'application du code de déontologie, l'obligation d'assurance et les voies de recours en cas de litige. L'identité de l'expert-comptable responsable de la mission doit pouvoir être connue ; demander qu'elle figure dans la lettre est une bonne pratique.

Vérifier l'inscription au tableau

Périmètre de la mission

La rubrique la plus déterminante, et la plus survolée. Une mission de présentation des comptes annuels, une tenue complète de la comptabilité, un accompagnement fiscal ou une gestion de la paie sont quatre choses différentes, qui se cumulent ou non. Le périmètre doit énumérer les travaux couverts et, symétriquement, ceux qui en sont exclus.

Lire aussi les exclusions

Obligations du client

Le cabinet ne peut travailler qu'à partir de ce qu'il reçoit. La lettre précise donc ce que l'entreprise s'engage à fournir, sous quelle forme et à quelle fréquence : pièces justificatives, relevés bancaires, inventaires, contrats. Un retard de transmission déplace la responsabilité et justifie souvent une facturation complémentaire.

Tenir le calendrier de remise

Honoraires et facturation

Le montant, sa base de calcul, son rythme de facturation et sa révision annuelle. Un forfait doit être adossé à des hypothèses écrites, généralement un volume de pièces, un nombre de bulletins de paie et un nombre de déclarations. Les prestations hors forfait et leur mode de tarification se listent au même endroit.

Faire écrire les hypothèses

Durée et résiliation

La mission court généralement pour un exercice et se reconduit tacitement. La clause fixe le préavis, sa forme et la date à laquelle il doit parvenir, ce qui détermine concrètement la fenêtre où un changement de cabinet est possible sans surcoût. Les conditions de rupture anticipée et leurs conséquences financières figurent ici.

Repérer la fenêtre de préavis

Responsabilité et restitution

Étendue de la responsabilité du cabinet, assurance souscrite, secret professionnel, et surtout modalités de restitution des documents en fin de mission. Cette dernière clause devient centrale lors d'un changement de cabinet : elle décrit ce qui est rendu, sous quel format et dans quel délai. Les originaux appartiennent à l'entreprise.

Anticiper la restitution

La lettre de mission n'est pas un document standard immuable : ses clauses se discutent avant signature, et un cabinet sérieux prend le temps de les expliquer. Toute question portant sur une situation particulière relève d'un échange direct avec un professionnel inscrit, jamais d'un article général.

Les quatre rubriques du magazine

Du choix du cabinet aux obligations du quotidien, en passant par la lecture des honoraires et les moments charnières de la vie d'une entreprise.

À lire en priorité

Les dossiers les plus consultés, des fourchettes d'honoraires réelles aux guides de choix par territoire.

Questions fréquentes des dirigeants

Combien coûte un expert-comptable pour une TPE ?
Les repères de marché observés en France situent la mission annuelle d'une petite société commerciale, avec tenue de la comptabilité, déclarations de TVA et établissement des comptes annuels, entre 1 500 et 2 500 euros hors taxes pour une société sans salarié, et entre 2 500 et 4 500 euros dès un à trois salariés, selon le volume de pièces. Une structure à faible volume dont le dirigeant pré-saisit lui-même ses écritures descend sous ces repères, tandis qu'une entreprise à forte activité, multi-établissements ou soumise à des obligations particulières, les dépasse largement. La paie se facture le plus souvent à part, à l'ouverture de dossier puis au bulletin. Ces montants sont des ordres de grandeur : seul un devis établi sur la situation réelle d'une entreprise a une valeur.
Le recours à un expert-comptable est-il obligatoire ?
Aucune règle générale n'impose à une entreprise de confier sa comptabilité à un professionnel : une société peut légalement tenir ses comptes en interne. L'obligation porte sur le résultat, pas sur le prestataire, à savoir une comptabilité régulière, sincère et donnant une image fidèle, et des déclarations déposées dans les délais. En pratique, la complexité de la TVA, de la paie et de la liasse fiscale conduit la grande majorité des sociétés à déléguer dès qu'elles emploient ou dès que le volume d'écritures augmente. Les régimes micro, aux obligations très allégées, sont le cas où la tenue en propre reste réellement praticable.
Que se passe-t-il si l'on change de cabinet en cours d'année ?
Le changement est toujours possible, mais son coût dépend fortement du moment choisi. Le passage le plus simple s'organise après l'établissement des comptes annuels et avant l'ouverture des travaux du nouvel exercice : le dossier est complet, il n'y a pas de reprise à mi-parcours et le nouveau cabinet démarre sur une base arrêtée. La lettre de mission fixe le préavis à respecter, et la profession prévoit une prise de contact entre confrères ainsi que la transmission du dossier. Les documents originaux de l'entreprise doivent lui être restitués.
Qu'est-ce qui fait varier un devis d'un cabinet à l'autre ?
Plusieurs facteurs expliquent l'essentiel des écarts. Le volume de pièces à traiter, qui reste la variable dominante. Le degré de préparation par le client, une comptabilité déjà saisie ou des pièces déjà numérisées et classées réduisant sensiblement la facture. Le périmètre exact retenu, avec ou sans paie, avec ou sans accompagnement juridique annuel. Le rythme des points intermédiaires, une situation trimestrielle commentée n'ayant pas le même coût qu'un simple bilan annuel. La structure du cabinet enfin, entre une organisation locale à taille humaine et une plateforme fortement outillée.
Sur quoi juger un cabinet lors du premier rendez-vous ?
Trois signaux se lisent dès le premier entretien. La clarté des questions posées : un professionnel qui chiffre sans avoir interrogé le volume d'activité, le régime de TVA et l'effectif chiffre à l'aveugle. La désignation d'un interlocuteur nommé et la description du rythme d'échange prévu dans l'année, car l'insatisfaction la plus fréquente porte sur la disponibilité, pas sur la technique. La précision de la proposition enfin, qui doit détailler le périmètre, les hypothèses retenues et les prestations facturées en supplément.

Suivre les prochaines publications

Guides de choix par territoire, décryptages d'honoraires et repères sur les obligations comptables des TPE et PME.